En savoir plus sur l’Arthrose

Mise à jour le 15/09/2014 , par Marie - Rédactrice

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Les traitements médicaux

Vous trouverez dans cette rubrique des informations sur les différents traitements médicaux utilisés pour l’arthrose. Ces informations ont pour objet d’alimenter la discussion avec votre médecin traitant, mais elles ne peuvent pas se substituer à ses recommandations.

Il n’existe pas encore de molécules capables de prévenir, ni de réparer les dommages de l’arthrose sur les articulations. Mais il existe maintenant des solutions fiables pour contrôler efficacement les symptômes : douleur et perte de mobilité. Plusieurs modes d’administration existent : voie orale, application locale ou injection.

Antalgiques

Les antalgiques

Les antalgiques sont des médicaments utilisés dans la lutte contre la douleur. Il existe plusieurs sortes d’antalgiques qui sont dispensés en fonction du type de douleurs rencontrées.

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L’ OMS, Organisation Mondiale de la Santé, a classé les antalgiques en trois paliers. Le palier I : Antalgiques périphériques (pour les douleurs légères à moyennes) ; le palier II : Antalgiques centraux faibles (pour les douleurs moyennes à intenses) ; le palier III : Antalgiques centraux forts (pour les douleurs très intenses voire rebelles).

Dans l’arthrose, le médicament prescrit en première intention est le paracétamol. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent également être prescrits avec toutes les précautions liées à leurs effets secondaires. Il est très rare de prescrire un antalgique de palier III dans l’arthrose.

Le paracétamol :
C’ est le premier médicament prescrit dans le traitement de l’arthrose. Il fait partie des antalgiques de palier 1. Dans la plupart des cas il suffit à soulager la douleur. Avec le peu d’effets secondaires qu’il occasionne, il peut être utilisé sur le long terme.

Les AINS (aspirine, ibuprofène, …) :

Ils sont utilisés en seconde intention en cas de poussée inflammatoire et/ou de douleur réfractaire au paracétamol. Ils sont très importants lors des poussées congestives pour juguler l’inflammation susceptible d’accélérer la détérioration du cartilage et de l’articulation. Ils agissent également sur la douleur. Cependant, ils sont connus pour être responsables de troubles digestifs. Ils doivent donc être utilisés avec modération sur une période limitée. Ils peuvent être accompagnés d’un médicament protégeant l’estomac.

Des anti-inflammatoires locaux, en pommade, gel ou patch, peuvent être également prescrits. Appliqués sur l’articulation douloureuse, ils agissent rapidement et sans effets secondaires. Ils sont surtout conseillés pour les petites articulations.

Infiltrations

Les infiltrations

La technique d’infiltration permet d’injecter une quantité plus faible de médicament, comparée à une prise par voie orale, pour une efficacité équivalente voire meilleure. Elle permet également de délivrer directement les substances actives au contact de l’articulation lésée. Elle est utilisée de trois façons différentes pour le traitement de l’arthrose :

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Les injections intra-articulaires d’anti-inflammatoire (corticoïdes)

Les AINS ainsi administrés se montrent plus efficaces tout en étant moins dosées. Ce type d’injection permet également d’éviter la majorité des effets secondaires rencontrés par la prise classique d’anti-inflammatoires (notamment les effets sur le système digestif). Elle est préconisée en cas de poussées congestives ou inflammatoires et lorsque les traitements par voie classique ne font plus d’effets sur la douleur.

Les injections intra-articulaires d’acide hyaluronique

L’acide hyaluronique est une substance largement répandue dans tout le corps. Au niveau de l’articulation, l’acide hyaluronique est le composant principal du liquide synovial produit par la membrane synoviale. Il est également présent dans la matrice extra-cellulaire du cartilage. Il agit comme lubrifiant, transporteur de nutriments et amortisseur, protégeant ainsi les articulations et les os des dommages qui pourraient résulter de forces extérieures. Dans l’arthrose, la concentration et le poids moléculaire de l’acide hyaluronique sont modifiés diminuant ainsi son efficacité.

L’injection d’acide hyaluronique directement dans l’articulation lésée, encore appelée viscosupplémentation, a fait son apparition dans les années 1980. Elle a pour objectif d’améliorer la qualité viscoélastique du liquide articulaire. Cette technique permet de diminuer la douleur et d’améliorer la fonction articulaire. En conséquence, la consommation d’antalgiques et d’anti-inflammatoires est plus faible chez les patients traités. Les effets bénéfiques apparaissent entre 2 et 4 semaines après la première injection et peuvent se prolonger jusqu’à 6 mois ou 1 an après le début du traitement. Un effet protecteur du cartilage a été suggéré mais il n’a pas encore été clairement prouvé.

Ce traitement est surtout préconisé dans le traitement de la gonarthrose et commence à être recommandé dans le traitement de la coxarthrose et de l’arthrose digitale. Des études sont en cours pour tester son efficacité dans les autres types d’arthrose.

Anti-arthrosiques

Les anti-arthrosiques

Ils se nomment également anti-arthrosiques d’action lente (AAAL). Ce sont des médicaments spécifiques à l’arthrose. Il en existe principalement quatre : le premier est à base de soja et d’avocat, deux autres sont à base d’extraits de cartilage (chondroïtine sulfate et glucosamine) et le dernier est extrait d’une plante (la diacéréine).

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Les études cliniques réalisées sur ces médicaments (essentiellement sur les 3 derniers) restent très controversées. Cependant leur utilisation est inscrite dans les recommandations de l’EULAR.

Ce sont des molécules plutôt bien tolérées avec peu d’effets secondaires. Elles sont efficaces sur la douleur mais avec un effet retard de quelques semaines qu’il faut bien prendre en compte avant d’arrêter le traitement. Ils peuvent être pris en parallèle d’autres traitements. Ils sont préconisés en cas de douleurs rebelles, de symptômes chroniques journaliers.

Certaines études montrent un effet de ces molécules sur la structure même de l’articulation. Il y aurait un ralentissement de la progression de l’arthrose et notamment du pincement articulaire. Ces résultats doivent faire l’objet d’études plus poussées pour être réellement prouvés.

Chirurgie

La chirurgie

La chirurgie n’est envisagée que dans des cas bien particuliers : des patients jeunes avec des malformations anatomiques ou des patients avec une douleur rebelle, un handicap et une destruction radiologique importante. Ce choix doit faire l’objet d’une discussion entre le médecin, le chirurgien et le patient.

L’ostéotomie :

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L’ostéotomie est un acte de chirurgie orthopédique. Il consiste à sectionner un os pour en modifier son axe, sa taille ou sa forme à des fins thérapeutiques ou plastiques. Dans le cas du traitement de l’arthrose, l’ostéotomie est préconisée chez des patients jeunes présentant une malformation de l’os en lien avec le développement de l’arthrose ou présentant une arthrose destructive douloureuse réfractaire au traitement médicamenteux. Elle est surtout utilisée dans les cas d’arthrose du genou et de la hanche. Elle permet de corriger l’alignement et donc de rééquilibrer les points de pression au sein de l’articulation. L’ostéotomie permet donc de diminuer la pression au niveau de la zone arthrosique pour la reporter sur le côté sain.
Cette technique permet de soulager la douleur, de stabiliser l’arthrose et de soulager les symptômes de raideur. Elle nécessite une immobilisation totale ou partielle avec l’aide de béquilles tout comme les suites d’une fracture accidentelle.

L’arthrodèse
Pour les articulations plus petites, l’acte chirurgical le plus couramment utilisé est l’arthrodèse. Elle consiste à bloquer l’articulation en faisant fusionner les os.

La pose de prothèse articulaire :
L’arthroplastie consiste à remplacer l’articulation lésée par une prothèse articulaire. Cet acte chirurgical est préconisé en cas d’arthrose avec douleur rebelle, associée à un handicap et une destruction radiologique. Les résultats sont en général satisfaisants sur la diminution de la douleur et la récupération de mobilité. Son efficacité est néanmoins limitée à une quinzaine d’années en moyenne. Cette technique est surtout utilisée au niveau de la hanche et du genou.

Cures Thermales

La Médecine Thermale

La médecine thermale a été utilisée depuis l’Antiquité pour soulager les rhumatisants. Elle s’est beaucoup développée en France à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle. Elle constitue une ressource pour les patients arthrosiques au travers des 73 établissements thermaux bénéficiant de l’agrément en rhumatologie. 75% des 520 000 curistes sont traités pour des problèmes rhumatologiques, essentiellement liés à l’arthrose.

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Les soins hydrothermaux dispensés sont les bains individuels, douches, applications de boues, utilisation de gaz et de vapeurs thermales, massages sous affusion d’eau thermale, et exercices collectifs en piscine de mobilisation en eau minérale.

L’efficacité du thermalisme fait l’objet de nombreuses études contrôlées publiées dans la littérature internationale (revues de langue anglaise avec facteur d’impact). Ces études mettent en évidence, avec une méthodologie appropriée, un bénéficie clinique en termes d’amélioration de la douleur et des capacités fonctionnelles des patients. Elles portent essentiellement sur l’arthrose du genou (une quinzaine d’essais contrôlés) et sur les autres localisations de l’arthrose (hanche, main, rachis pour une quinzaine d’essais).

Certaines de ces études ont comparé balnéation en eau minérale et balnéation en eau de réseau, ou applications de boues thermo-minérales et applications de boues neutres ; le traitement thermo-minéral s’avère plus efficient en particulier en termes d’amélioration de la douleur (précocité, durée et magnitude de l’effet analgésique).
En France, l’étude Thermarthrose (publiée dans Annals of Rheumatic Diseases) a démontré sur une population de 464 patients, l’amélioration durable par la cure thermale des douleurs et des capacités fonctionnelles de sujets porteurs d’arthrose du genou avec une efficacité significativement supérieure aux soins dispensés en médecine de ville. Les résultats se maintiennent au 9e mois. Cette étude a porté sur les patients ambulatoires qui bénéficiaient des soins hydrothermaux en continuant à vivre dans leur cadre habituel. Ceci permettait de tester l’efficience du traitement hydrothermal hors l’effet lié au séjour thermal (changement de climat, dépaysement, nouveaux liens sociaux,…)


Comment s’y retrouver parmi les traitements de l’arthrose : les recommandations de l’EULAR

L’EULAR, c’est l’European League Against Rheumatism, autrement dit la Ligue Européenne Contre le Rhumatisme. Cette organisation représente les patients, les professionnels de santé et les sociétés savantes de toutes les nations européennes. Les principaux ojectifs de l’EULAR sont d’améliorer les traitements, la prévention et la prise en charge des maladies de l’appareil locomoteur, dans l’optique d’harmoniser les pratiques dans les différents pays européens. Pour ce faire, l’EULAR édite régulièrement des recommandations reconnues par l’ensemble des praticiens européens. Dans le cadre de l’arthrose, elle a publié des recommandations pour la gonarthrose en 2003, la coxarthrose en 2004 et l’arthrose digitale en 2007.

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